mardi 20 octobre 2009

Leçons de la crise

5 commentaires:

babylonien a dit…

Trader deviendra bientôt une insulte suprême.
Et pour cause... Cette fonction
- ne crée aucune richesse et n'apporte aucune valeur ajoutée
- met en danger l'économie réelle, la qualité de vie de la population mondiale
- exerce en toute impunité

Et nous laissons faire...

le conservateur a dit…

Pardon, mais les traders, comme tous les gens qui s'enrichissent, irriguent ensuite la société par leurs achats, fussent-ils futiles. Qui peut se targuer d'injecter tant de fric dans la communauté ? Je suis sidéré par la facilité avec laquelle on oublie cela ...

soccer_marmotte a dit…

A ce moment là, le faussaire qui crée de la fausse monnaie est également utile car distribue de la richesse par ses achats.

Xavier Gorce a dit…

@ Le conservateur >
le raisonnement est faux. Le trader n'INJECTE rien : aucune valeur ajoutée n'est produite. Son activité est purement spéculative. Certes, il dépensera ce qu'il aura gagné, mais cet argent serait également dépensé s'il était autrement réparti.
L'activité bancaire n'est pour autant pas nulle puisqu'elle donne des marges de manœuvre aux entreprises comme aux particuliers (le crédit) et peut donc permettre de développer l'activité réelle. Mais le problème est la détermination de sa juste valeur. Et cette valeur devient de plus en plus l'enjeu de spéculations qui fabriquent les bulles qui nous explosent au visage et détruisent l'activité. En cela,Soccer_marmotte a raison et l'activité du trader peut s'apparenter à celle du faussaire.
Bon, moi, ce que j'en dis…

cecastella a dit…

Chers amis,
Le problème que vous semblez poser m'apparait plus comme celui de la rémunération liée à la création de richesse que celui de l'utilité du trader (dont beaucoup d'entre nous n'ont au fond qu'une vision assez sommaire: en effet, l'activité de trading se réparti en plusieurs catégories parmi lesquelles les "teneurs de marché" qui assurent la liquidité d'une position, les intervenants indépendants (qui ont une vraie utilité quî est parfois méconnue... d'eux-mêmes (!!!) puisqu'ils corrigent ou croient corriger les erreurs d'anticipation en anticipant les corrections (jeux de mots facile mais idée vérifiable) et qui sont parfois précisément critiqués à l'éxcès et donc de manière irrationnelle), ou encore les intervenants institutionnels (qui travaillent souvent pour les fameux hedge funds ou fonds de pension, fonds souverains, etc.).
Il est légitime de se poser la question si la rémunération correspond à un service rendu en proportion: en l'occurence, elle est très élevée pour une poignée d'entre eux, mais très "moyenne" en général (Kerviel avait un salaire et un bonus totalisant moins de 75.000€ annuels).
Mais si le trading n'avait que des vices, pensez-vous qu'il serait encore enseigné dans les unviversités et autres écoles de commerce.
Comme vous l'avez deviné, si j'ai modestement et voici 10 ans (en tant que stagiaire de fin d'études) gouté aux "joies" éphémères du trading, j'y ai collaboré avec des professionnels à la fois éxigeants et bienveillants et peu ou pas inféodés au dieu Mamoth: le boulot consistait à couvrir (protéger) les positions de change de devises et de taux d'intérêt prises par des entreprises qui souhaitaient être sûres de pouvoir payer leurs salariés et fournisseurs alors que la devise du contrat pouvait varier significativement entre la commande et la livraison du bien/service. Le trading, c'est donc à la base un travail de facilitateur d'échanges commerciaux: sans cette discipline offrant des outils de gestion et de planification du risque, beaucoup d'entreprises hésiteraient à travailler avec l'étranger (d'où un risque en termes d'emplois, mais aussi de recherche et développement, d'innovation, etc.)
Donc pour répondre à Babylonien, cette fonction permet la création de richesse mais n'en est pas le seul moteur; elle crée évidemment une valeur ajoutée en ce qu'elle mutualise des risques (sinon autant dire que la sécurité sociale, pour caricaturer un peu, n'apporte aucune V.A. et donc supprimons la aussi...); ne met pas plus en danger l'économie réelle que la l'économie monétaire puisque les 2 sont inextricablement liées (pensez à tous ces crédits distribués à qui ne pouvaient les rembourser: les gens n'ont-ils pas alors un peu confondu richesse réelle et richesse monaétaire? Nous pourrions parler d'entreprises qui ont bien su gérer cette "manne" des banques jusqu'en 2007): je réponds ici à votre sujet sur la qualité de vie... et enfin quelle impunité est accordée à Jerome Kerviel? ou à Nick Leeson (faillite de la Barings en 95, sauf erreur de ma part, et qui a purgé 6 ans de prison), ou à Mike Milken dans les années 80 (qui a fait aussi de la prison et a inspiré Gordon Gekko dans Wall Street d'Oliver Stone)?
Enfin, cher Xavier, pensez-vous vraiment que nous ayons la vision d'ensemble nous permettant d'affirmer que toute activité spéculative est un jeu à somme nulle (ou ne crée pas de valeur) au niveau collectif?